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 | Sujet: Tearing the Clouds [PV Ayame] Mar 29 Nov - 9:22 | |
|  Tearing the Clouds « Regarde...c'est lui ! Comme j'aimerais être à ses côtés... » « Pauvre imbécile...regarde-le bon sang ! Ignoble créature. Il ne mérite pas sa place ici-bas ! » « Qu'est-ce qu'il est...comment ose-t-il nous regarder ? Pour qui se prend-t-il ? Sale bâtard... »
Viles calomnies portées aux oreilles de l'Ange...Elles glissent. Sinueuses, sales, impures...sur sa peau d'albâtre, elles ne lui procurent que caresses salaces. Le parcourant avec envi, elles ne sont pourtant que murmures obscures, voguant à sa rencontre, sans le trouver, le cherchant sans fin. Elles se rapprochent, plus présentes alors qu'il avance, plus pressantes alors qu'il ne s'arrête pas, insistantes tandis qu'il ne les entend pas. Son indifférence l'en préserve, un manteau d'assurance qui le couvre des plus vils maux. Absent, il marche à la manière d'un fantôme d'un blanc laiteux, ignorant la réalité avec un sourire inhumain. Et pourtant...elles tentent en vain de l'atteindre, griffant l'air de leur écho vif, tentant de déchirer la quiétude qui le nimbe. Elles veulent l'englober, le ternir, le faire disparaître et l'ensevelir dans leurs propres tourments. Récriminée par leur cible, elles sont dissipées, sans la moindre considération, vulgaires forces insignifiantes qu'elles sont. La confiance qui émane de son regard d'un bleu d'azur est suffisant pour les repousser, mais couplé à sa présence altière, à son imposante prestance et à la beauté éminente, leur emprise s'effiloche. Elles se dissolvent à son contact dans quelques filaments s'éparpillant au vent, ridicule et insipide voile qui ne peut le restreindre. Et alors même qu'il s'enfonce dans la foule, les Kumo-Jin s'éparpillent cédant sous l'imposante prestance du personnage, incapables de l'arrêter, trop blessés pour lui opposer leur propre laideur.
Anneau humain qui l'entoure, la foule ne fait que le regarder, admirant avec désir la marche sensuelle, presque déroutante, qu'il offre dans toute l'aisance de ce qui lui est inné. Et les paroles s'intensifient, les murmures discrets se muant en plaintes lancinantes pour se terminer dans un crescendo de critiques ouvertes, crues et insultantes. Plus forte, plus nette, la brise devenait bourrasque, tentant de le saisir...de le ramener en ce bas monde, de l'enchaîner et de l'emprisonner à la cruelle réalité. Les ragots deviennent un vent lointain qui siffle, vengeur, désireux...il tente de le percer, de le toucher, de le soumettre à son impétueux désir. Elles ne sont que le reflet de la convoitise humaine. S'éparpillant dans les airs, elles le suivent dans un éternel halo de perversité, guettant la faille dans cette carapace de diamant où les germes de l'humanité pourront être plantés...et à jamais la pureté ensevelie sous les protubérances du malheur propre à ce monde.
Et pourtant, Kamui avançait, toujours indifférent aux considérations humaines. Oeuvrant sur un plan différent, il n'apercevait pas les êtres infirmes qui s'écartaient sur son chemin. Absous du joug de la considération humaine, il dévalait les rues de Kumo dans une constante nonchalance, ne laissant qu'une empreinte frigide que l'on évitait de peur d'écarter les quelques étincelles divins qui s'échappaient de son sillage. Les larmes aux yeux, le coeur en peine, ils le regardaient défiler alors que l'expression de leurs plus sombres sentiments s'évanouissaient dans l’indifférence du concerné. Regardes-les ! Considères-les ! Ils crient ! Le recherchent, veulent à tout prix l’indice qu’ils peuvent le rejoindre, le toucher…être à leur tour proches de la sublime perfection qu’il représente. Ils veulent s’oublier dans ses yeux, ignorer leurs défauts au travers de sa sublimation…se perdre à jamais dans les labyrinthes de la folie, en oubliant ce qu’ils sont et frôler l’impossible but. Kamui.
Lui, trop souvent il s’est donné. Trop longtemps, il n’a été que leur marionnette, leur pantin adorable dans lequel ils déversaient leurs pleurs sans considération pour ses propres pensés. Désormais, il est loin. Trop loin pour être atteint. Il ne s’intéresse plus à la misère, les passants en crise de jalousie ne sont plus qu’un vulgaire souvenir qui depuis longtemps a déserté sa mémoire, pour ne laisser place qu’à sa propre personne. Qu’ils s’écartent ! Qu’ils lui fassent de la place ! Afin qu’il avance, qu’il ne s’attache pas…qu’il oublie. Car il fuit, dans ce monde qui n’est que sien, il fuit sa différence avec acharnement, l’ignorant en se laissant apporter par sa véritable nature. Délaissant le réel pour l’intrinsèque, l’ange aux cheveux de neige préférait s’abandonner à sa propre force. Sans aucun effort, Kamui laissait le peuple s’effacer sous son impressionnante arrivée, parcourant le Village jusqu’aux recoins montagneux…
Il se penche sur elle, les yeux mi-clos, ce sourire aux lèvres, comme s'il ne la considérait pas, qu'il s'adressait à elle par formalité...comme si elle n'était personne, qu'elle ne méritait pas son attention. Et pourtant, c'était beaucoup plus qu'à l'accoutumé. Jamais il ne l'aurait abordé en temps normal...mais jamais encore on l'avait arrêté. Intrigante jeune fille. Impétueuse petite Kunoichi…Il était là. Kamui, celui qui égale les dieux…son chemin obstrué pour la première fois, il avait du arrêter le vol majestueux qui le seyait habituellement. L’habituelle démarche princière, celle qui ne laissait aucune place aux obstacles et qui faisait fît des éléments de la réalité avait été bloquée. Jamais encore il n’avait dû détourner le chemin. Jamais encore son chemin n’avait été obstrué. Et cette petite tête rousse qui perçait les nuages immaculés qu’était devenu son monde, le faisait en toute quiétude, l’ignorant, l’acceptant comme un élément « réel » de son monde qu’elle pouvait intercepter, capter…saisir. Quelle intrigante situation pour celui qui jusqu’alors choisissait ce qui faisait parti ou non de son monde…
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